REPERES AVANT MARS 1999


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Deux ans d’actualité bioéthique mars 1999 - mars 2001

REPERES AVANT MARS 1999

24 février 1997 : naissance de la brebis Dolly

Une équipe de biologistes de l’institut Roslin, près d’Edimbourg, pilotée par le chercheur Ian Wilmut, annonce avoir produit pour la première fois dans l’histoire un clone de mammifère adulte, la brebis de race Finn Dorset, Dolly. Un être vivant conçu non pas à partir de la rencontre d’un ovule et d’un spermatozoïde, mais issu d’une seule cellule, en l’occurrence une cellule de mamelle prélevée sur une brebis adulte, déjà porteuse d’une patrimoine génétique complet.

4 avril 1997 et 12 janvier 1998 : convention d’Oviedo et protocole additionnel

Convention d’Oviedo : adoption par le comité des ministres d’une convention sur les droits de l’homme et la bio médecine élaborée par le comité directeur pour la bioéthique du Conseil de l’Europe. C’est une convention pour la protection des droits de l’homme et de la dignité de l’être humain à l’égard des applications de la biologie et de la médecine. Elle traite des grands principes de nature à assurer la protection des droits de l’homme face aux développements de la biologie et de la médecine. Le texte a été signé en Espagne, à Oviedo par 22 Etats, dont la France, auxquels deux autres se sont joints plus tard. S’y est ajouté le protocole additionnel portant interdiction du clonage d’êtres humains signé à Paris par la plupart de ces Etats le 12 janvier 1998. Reste ensuite la phase de ratification par les Parlements nationaux.

6 novembre 1998 : culture de cellules souches

Une équipe américaine révèle, dans l’hebdomadaire Sciences qu’elle a réussi à isoler et à mettre en culture des " cellules souches embryonnaires " humaines. Ces cellules, qui se multiplient à l’infini in vitro, seraient capables de se transformer, sous certaines conditions, pour donner naissance à toutes sortes de tissus différents de l’organisme adulte (cellules " pluripotentes ") voire à cet organisme dans sa totalité (cellules " totipotentes). Cette première, très attendue du monde scientifique, rencontre aussitôt un vaste écho médiatique, réanimant à la fois le spectre du clonage humain et le fantasme d’une médecine " mécaniste ", où l’on remplacerait les tissus malades comme on change les pièces d’un moteur.

MARS 1999

Naissance d’un enfant qui a deux mères biologiques

Pour la première fois en Europe, naissance d’un bébé issu de deux mères pour un seul père. Non pas une mère biologique et une mère porteuse, mais bel et bien deux femmes, l’une apportant un ovule un peu vieillissant mais néanmoins porteur de son patrimoine génétique, l’autre fournissant un cytoplasme de première jeunesse pour améliorer les capacités de l’ovule précédent qui a ensuite été normalement fécondé par un spermatozoïde. (Le Figaro 03/03)

L’acharnement procréatif (tribune d’Axel Kahn généticien et membre du CCNE)

L’évolution des techniques de lutte contre les stérilités continue, insensible aux débats et frayeurs qu’elle suscite, exactement comme prévu à partir d’une analyse de la force des mécanismes psychologiques qui conduisent à l’exigence d’une filiation biologique à tout prix. Ce qui conduit à ce que l’on a pu appeler " l’acharnement procréatif ". (…) Dans tous les domaines de la médecine, celui des techniques d’assistance médicale à la procréation est vraiment le seul où l’on s’autorise aujourd’hui ces expériences dont la réussite ou l’insuccès doivent être directement établis d’après non seulement la survenue d’une grossesse, mais aussi l’état de l’enfant né. (…) Tout dans l’histoire des entreprises humaines indique que cette fuite en avant aboutira un jour à des catastrophes, à des essais " ratés " d’homme. En 1947, le code de Nuremberg fixait les conditions dans lesquelles pouvaient être réalisés des essais sur l’homme ; il s’agit là du texte fondateur de l’éthique médicale moderne. Il y est rappelé notamment que les fondements de ces essais doivent résider dans des connaissances antérieures provenant d’essais sur les animaux, et que les risques encourus doivent être justifiés par l’importance humanitaire du problème. (Le Monde 16/03)

Embryon noir implanté par erreur à une femme blanche

AFP (31/03) : Une américaine blanche qui avait accouché de deux garçons, un noir et un blanc, un médecin lui ayant implanté par erreur l’embryon d’une femme noire, a décidé de restituer le bébé à sa mère biologique.

Mise en doute de l’innocuité de l’ICSI

Des travaux expérimentaux sur le singe rhésus viennent de renforcer les soupçons qui pèsent depuis près de 10 ans sur l’ICSI, technique d’assistance médicale à la reproduction qui consiste à injecter des spermatozoïdes directement dans l’ovule. Elle est appliquée massivement sur l’homme sans avoir fait l’objet d’études préalables sur l’animal, et un taux de malformations chromosomiques et cardiaques légèrement supérieur à la moyenne a été constaté chez les enfants qu’elle a permis de concevoir. Les travaux menés sur le singe rhésus semblent montrer que la cause pourrait être des lésions provoquées par la manipulation elle-même. (Le Monde 31/03)

AVRIL 1999
Les autorités américaines envisagent un financement public des recherches sur l’embryon humain (USA) Les biologistes américains pourront-ils bénéficier, à court terme, de crédits publics pour mener des recherches sur l’embryon humain ? Un comité d’experts chargé de conseiller les autorités gouvernementales de Washington vient de rendre publiques des conclusions très modérées. Depuis 1994, une loi américaine interdit de verser de l’argent public aux équipes travaillant sur l’embryon humain. Cette situation est souvent qualifiée d’ " hypocrite " par les chercheurs européens, dans la mesure où ces recherches ne sont pas interdites dès lors qu’elles sont financées par des fonds privés. L’annonce récente que des chercheurs américains avaient réussi à mettre en culture des cellules embryonnaires humaines " totipotentes " a bouleversé totalement les données du problème. Les espoirs thérapeutiques considérables ouverts par cette première, autant que les perspectives scientifiques et financières qui s’y rapportent, ont conduit les responsables des Instituts nationaux américains de la santé (NIH) à tout mettre en œuvre pour qu’un financement public soit au plus vite autorisé. (Le Monde 16/04)

MAI 1999

Le Premier Ministre saisit le Conseil d’Etat de la révision des lois de bioéthique.

Lionel Jospin saisit le Conseil d’Etat de la révision des lois de bioéthique (le 22/04). La saisine est large : elle demande non seulement que soit examinée la partie des lois de bioéthique soumise à révision (celle qui concerne l’assistance médicale à la procréation, les greffes et le diagnostic prénatal) mais précise que le Conseil a toute latitude pour se saisir de sujets qui n’ont pas encore été abordés par le législateur. (La Croix 03/05)

Un pas vers la culture d’organes de rechanges

La firme californienne Geron après avoir acheté aux Ecossais la technique de clonage aux Ecossais maîtrise les trois techniques (culture de cellules souches, procédé d’ " éternité cellulaire ") nécessaires à la fabrication de pièces détachées humaines (Le Figaro 06/05)

DPN et surdité

Un médecin s’interroge sur les implications morales de l’identification d’un gène responsable de 50 % des surdités : " cette arme met les parents en face d’une immense responsabilité " (Le Figaro 05/05)

Vieillissement prématuré des animaux clonés

Interrogations de chercheurs sur les décès précoces d’animaux reproduits par clonage. Le problème est soulevé par l’équipe de Jean-Paul Renard (INSERM) dans The Lancet (01/05). La méthode de clonage utilisant le patrimoine génétique d’une cellule d’un animal déjà " âgé " (en réinjectant ce patrimoine dans des ovocytes énucléés et implantés chez un autre animal) pourrait présenter un défaut fondamental : les gènes réimplantés ne seraient pas " reprogrammés " à la manière d’un patrimoine génétique " jeune ", qui sait mettre en œuvre le pilotage nécessaire aux très nombreuses étapes indispensables au bon développement d’un animal. (Libération 04/05)

Souris à gène de plante

Obtention de souris porteuses d’un nouveau gène (de plante) en faisant " capter " ce gène par un spermatozoïde. La nouveauté réside particulièrement dans la méthode qui permet d’envisager de passer à une phase industrielle pour la production de bétail transgénique. (Libération 18/05)

Interview du Pr Milliez (L’euthanasie du fœtus)

Le Nouvel Observateur (20/05) interroge le Pr. Milliez après la sortie de son livre L’euthanasie du fœtus : " Les dangers du génétiquement correct ". Le gynécologue dénonce très clairement le " fantasme du droit à l’enfant parfait (qui) conduit à l’eugénisme. Dénonciation significative par ce médecin qui rappelle les incertitudes du calcul des probabilités d’une malformation et la difficulté pour les parents ou le corps médical d’évaluer ce qu’est un enfant " invivable ".

JUIN 1999

Une interprétation très intéressante des conséquences du clonage humain sur les représentations de la condition humaine.

Boris Cyrulnik, psychiatre et éthologiste interrogé par Libération (12 mai) envisage des conséquences de la possibilité du clonage humain dans une société : " Les nazis avaient fait des hommes non pas des objets, mais des Stücke, des morceaux. (…) Et même si le clonage humain ne se fait pas, même si la loi l’interdit, le simple fait qu’il soit techniquement possible modifie déjà la représentation de l’homme. Beaucoup vont se mettre à penser en termes de sous-hommes et surhommmes. " Il confronte plus loin le concept de clone au fantasme du double : " La recherche du double témoigne souvent de la difficulté du développement de la personne, de la quête d’identité. (…) Avec le même il n’y a pas de conflit, mais pas de vie psychique non plus. Il y a une grande différence entre le clonage biologique et la modification des représentations de la condition humaine qu’il entraîne dans la culture. Mais les décisions politiques découlent des représentations collectives. Et l’idée du clonage va modifier notre manière de vivre ensemble. "

Premier clone d’embryon humain

La nouvelle du quotidien britannique The Daily Mail du 17 juin : " Le premier embryon cloné " a fait le tour du monde en 24H : en utilisant des méthodes identiques à celles qui ont permis de donner naissance à Dolly, (une différence importante : le noyau de la cellule d’un homme aurait été placé dans un ovule de vache énucléé, et non d’un ovule humain) des scientifiques américains ont réussi à produire un embryon mâle composé d’environ 400 cellules, et l’ont incinéré deux jours plus tard.

La plupart des quotidiens (18/06) ont traité l’information comme un scoop. Libération (19 juin) titrait différemment puisque selon eux, non seulement la découverte date de novembre (la seule différence ce mois-ci est la campagne médiatique orchestrée, photo à l’appui), mais surtout le résultat obtenu était non pas un embryon humain mais un amas de cellules qui n’aurait jamais pu se développer en un embryon humain (nombre de cellules insuffisant).

Le gouvernement britannique interdit le clonage humain

Décision du gouvernement britannique de ne pas autoriser le clonage d’embryons humains à des fins thérapeutiques. Etonnante décision quand on sait que la Grande Bretagne est le pays européen le moins réticent à l’utilisation des embryons humains pour la recherche et que le gouvernement est allé à l’encontre des recommandations d’un groupe d’experts. (Plusieurs articles 26/06)

Des spécialistes européens de PMA demandent un assouplissement de la législation sur le clonage humain

Les médecins et les biologistes européens spécialisés dans les PMA réunis dans l’ESHRE (société européenne d’embryologie et de reproduction humaine) souhaitent que les règles législatives ou éthiques prohibant la pratique du clonage dans l’espèce humaine soient au plus vite assouplies. La question du clonage a profondément évolué depuis qu’en novembre 1998 on peut cultiver des cellules embryonnaires humaines. Cette découverte " a totalement bouleversé l’équation éthique du clonage, ce dernier pouvant être désormais envisagé à des fins thérapeutiques ". Les responsables de l’ESHRE vont s’employer à faire valoir leur point de vue auprès des différents gouvernements européens. (Le Monde 30/06)

JUILLET 1999

Bilan sur les PMA

Le Monde (15 juillet) relate le bilan des dernières évolutions et interrogations dressé lors de la dernière rencontre de la Société européenne d’embryologie et de reproduction humaine : 
- 21 ans après la naissance du premier "  bébé éprouvette " la pratique de la PMA est en progression constante : environ 40 000 ponctions ovocytaires sont pratiquées chaque année dans notre pays, près de la moitié d’entre elles étant faites pour réaliser des micro injections de spermatozoïdes (méthode de PMA désignée par le terme d’ICSI). En 1997 le nombre de ces ponctions s’est accru de près de 11 % par rapport à l’année précédente.
- Obtenir une grossesse à tout prix, au risque qu’elle soit multiple et aboutisse à des naissances prématurées, n’est plus l’objectif. Le nombre d’embryons implantés à chaque tentative diminue en moyenne, dans le but de ne faire naître qu’un seul enfant, et non prématuré.
- La prise en charge par la sécurité sociale de la PMA reste partielle mais un projet gouvernemental prévoit son extension.
- Les progrès suscitent chez les médecins de nouvelles questions techniques et éthiques déclare Jacques de Mouzon, spécialiste des questions de reproduction à l’INSERM : " La tendance à la réduction du nombre d’embryons implantés ne pourra atteindre une véritable ampleur que lorsque les biologistes de la reproduction se seront mis d’accord pour définir des critères objectifs et internationaux de la ‘’qualité embryonnaire ‘’ ".

Publication de l’arrêté autorisant la création des centres français de DPI

Le Monde (28/07) annonce la publication de l’arrêté autorisant la création des premiers centres français de diagnostic pré implantatoire (DPI) au Journal officiel. Selon le quotidien, cette technique permet à un couple présentant un risque de donner naissance à un enfant porteur d’une anomalie génétique et ayant recours à une fécondation in vitro de sélectionner un embryon indemne de cette pathologie.

AOUT 1999

Ratification par le Danemark d’une convention européenne , premier instrument juridique international contraignant sur la bioéthique.

A l’occasion de la ratification de la convention bioéthique du Conseil de l’Europe par le Danemark le 10 août dernier, Le Monde (12 août) annonce que ce texte qui rentre en vigueur le 1er décembre prochain n’a été ratifié pour l’instant que par la Grèce, St Martin, la Slovéquie et la Slovénie, sur 22 signataires (dont la France). L’article rappelle que ce texte est le premier instrument juridique international contraignant dans le champ de la bioéthique. Un protocole additionnel portant interdiction du clonage d’être humains y avait été associé en 1998. Depuis, les pays concernés ne sont guère pressés pour procéder à la ratification.

Une équipe britannique propose d’améliorer le dépistage anténatal de la trisomie 21

Une équipe de chercheurs britanniques préconise pour améliorer le dépistage de la trisomie 21 de mieux associer échographies et analyses de sang. Ils démontrent que l’échographie obstétricale associée à la recherche des marqueurs sériques (…) permet de dépister 85 % des cas de trisomie avec un pourcentage de ‘’faux positifs’’ de 1 %. " En France ces taux sont respectivement d’environ 70 % et 5 %. Un médecin précise que ces résultats s’inscrivent dans une démarche générale visant à améliorer les stratégies de dépistage. (Le Monde 22/08) 

SEPTEMBRE 1999

Procès après le meurtre d’un fœtus (USA)

Aux Etats-Unis, un fait divers dans l’Arkansas vient de poser la question, récurrente Outre-Atlantique, du meurtre d’un fœtus (est-ce un crime, est-il passible de la prison, de la peine de mort ?) (Le Figaro 04/09) : une jeune femme enceinte agressée par 3 hommes a perdu son bébé et a accusé son concubin, le père supposé, d’avoir engagé ces hommes pour tuer son fœtus car il ne voulait pas d’enfant. Aujourd’hui ils ont tous été inculpés d’assassinat et risquent la peine de mort. En effet l’Etat de l’Arkansas a voté cette année une loi qui considère comme un crime de tuer un fœtus âgé de plus de 12 semaines s’il ne s’agit pas d’un avortement. Au regard de la loi, le meurtre d’un fœtus ou celui d’un vieillard est équivalent : cela reste un meurtre.

Une banque de sperme sur Internet

REPROMOD, une banque de sperme aux Etats-Unis a mis en ligne son catalogue de donneurs (L’Evenement 02/09) Le Web propose ainsi plus de 200 fiches avec pour chacune tout le pedigree aussi bien physique que psychologique des spermatozoïdes disponibles. Les photos ne sont pas mises en ligne, mais pour avoir une idée de l’aspect physique de l’individu, un dessin donne un vague portrait-robot. L’hebdomadaire précise : " si, avec tout cela, vous ne trouvez pas le spermatozoïde de vos rêves, une roulette virtuelle choisit pour vous. "

Des bébés sur catalogue

L’Evènement (16/09) propose un dossier sur les " Bébés sur catalogue ". Un premier article dénonce le système américain où se développe un business de la PMA, avec des " affairistes de l’in vitro ", des " agences de casting progénétique " qui opèrent une sélection scrupuleuse des " donneuses " (le " don " d’ovule rapporte de 3 000 à 50 000 dollars, selon les qualités " raciales " génétiques de la donneuse, le meilleur prix correspondant à une donneuse " sportive, QI élevé, mesurant plus d’1m73 ".), et des stratégies marketing pour faire face à la concurrence (" Payez vos études grâce à vos ovules "). L’hebdomadaire note de plus que " le marché est en pleine expansion : couples stériles bien entendu mais aussi toute une nouvelle clientèle qui revendique désormais son droit à la ‘’parentalité’’ : homosexuels, transsexuels, individus solitaires, femmes âgées… ". Un second article dénonce au contraire " l’encadrement rigide " français par la loi de 1994 qui provoque la " fuite " d’un bon nombre de couples stériles vers l’étranger et favorise l’organisation d’un véritable " tourisme médical " pour échapper à l’anonymat du don d’ovocyte qu’elle met en place.

Enquête sur le malaise des enfants issus d’IAD

Après une enquête sur le malaise des enfants issus d’une IAD (insémination avec donneur) attribué au secret qui entoure leur conception (10/09), Libération (21/09) consacre une page aux réactions. L’occasion pour un psychologue de parler d’ " inceste médicalement assisté " pour désigner le don de sperme par le frère du mari (que certains opposants à l’anonymat du don de sperme réclament). Il rappelle ainsi que la prohibition de l’inceste est une loi :  " Elle se retrouve toujours et partout, condition universelle et minimale pour qu’une culture se différencie de la nature " (Lévi Strauss)

Greffe de ses propres tissus d’ovaires sur une femme devenue stérile

Des médecins ont greffé sur une femme stérile des tissus prélevés antérieurement sur ses ovaires. Cette réussite permet d’espérer que des femmes rendues stériles par des traitements de chimiothérapie pourront attendre un enfant sans avoir recours à une PMA. (Plusieurs articles 27/09)

Polémique sur les thèses de P. Sloterdijk

Une polémique sur les thèses développées par le philosophe Peter Sloterdijk enflamme les milieux intellectuels et les médias allemands. Dans une conférence sur les mutations à attendre du développement des biotechnologies pour l’humanité, celui-ci se demandait si " de nouvelles possibilités d’optimisation " ne sont pas " en vue " dans la " sélection " de l’espèce humaine. L’hebdomadaire Der Spiegel en a fait sa une cette semaine : " Le projet génétique de surhomme ", fondant ainsi en un seul titre Hitler, Dolly la brebis clonée et Nietzche. (Plusieurs articles)

OCTOBRE 1999

Une chambre de représentants donne des droits aux fœtus en cas de meurtre ou d’agression contre la femme qui le porte. (USA)

Aux Etats-Unis, la chambre des représentants vient d’adopter une proposition de loi donnant des droits au fœtus en cas de meurtre ou d’agression contre la femme qui le porte. Les promoteurs de cette loi assurent que celle-ci n’a pas d’effet sur le droit à l’avortement mais Le Quotidien du médecin (05/10) précise " on peut cependant redouter une remise en cause indirecte de ce qui a été accordé aux femmes en 1973 par la Cour Suprême. Sans aller jusqu’à reconnaître explicitement que le fœtus ‘’est une personne distincte’’ de la mère, la proposition permet à la justice d’engager des doubles poursuites contre toute personne reconnue coupable d’avoir agressé une femme enceinte et atteint son enfant à naître. C’est la première fois qu’une instance fédérale reconnaît des droits au fœtus, admis par ailleurs dans plusieurs Etats américains. 

Ovules humains dans corps de souris

Des chercheurs ont réussi à faire arriver à maturité des ovules humains dans le corps de souris. Courrier international (21/10) se demande si les animaux peuvent devenir des couveuses vivantes.

Nomination d’un défenseur de l’euthanasie à un poste de professeur d’éthique (USA)

Peter Singer, philosophe australien défenseur de l’euthanasie et de l’eugénisme, a été nommé à la prestigieuse université américaine de Princeton comme premier professeur titulaire de bioéthique à plein temps. Courrier international (21/10) se fait l’écho d’un article alarmiste du Washington Post : " La mise en garde de Léo Alexander (pour qui les crimes des nazis avant les chambres à gaz " ont commencé par de petites choses " comme l’acceptation de l’idée qu’il puisse " exister des vies qui ne méritent pas d’être vécues ") n’a jamais été aussi pertinente qu’aujourd’hui. Le suicide assisté, l’euthanasie et l’eugénisme trouvent de plus en plus de partisans parmi les gens honorables qui s’arrogent, au nom de l’éthique appliquée, le droit de juger de la qualité de la vie d’autres êtres humains ".

La poule aux ovules d’or…

Des ovules de mannequins à vendre sur Internet  : le site créé par un photographe de mode, Ron Harris, s’adresse en priorité aux quelques 6 millions d'Américaines stériles et à leurs maris : " Si vous pouviez engendrer de beaux enfants et donc, leur donner un avantage dans la société, est-ce que vous ne le feriez pas ? ". Le principe est simple : il suffit de se rendre sur la page du site, de regarder les photos des mannequins présentées, d’étudier leurs mensurations et d’examiner leur origine ethnique. Pour l’instant elles sont au nombre de 8 et toutes blanches. Leur motivation : " aider les autres " ou l’argent (" financer les études de son fils de 4 ans "). La création de ce site provoque une vive polémique aux Etats-Unis : "  C’est effrayant, et le pire, c’est de penser qu’il y a quelque chose de plus terrible encore au-delà de notre imagination " a confié la directrice d’une association d’insémination artificielle. " Depuis Internet cette dépersonnalisation des humains fait boule de neige. " Ron Harris quant à lui ne se plaint pas de cette publicité. Il estime que des millions d’hommes rêvent de " combiner leurs gènes avec les femmes les plus belles et les plus avancées génétiquement. " La législation américaine interdit la commercialisation des organes mais pas des ovules ni du sperme. Justement Harris prépare un site similaire pour le sperme de modèles masculins sur l’Internet. (Le Parisien 25/10)

Quand peut-on parler de personne humaine ? Une réponse d’ Hubert Reeves

Le Figaro magazine (29/10) titre " La vie avant la naissance ". Des personnalités de tous les horizons, laïques ou religieuses, répondent à la question : "A partir de quand peut-on parler de personne humaine ? ". Pour Hubert Reeves : " La vie est un phénomène en évolution continue. La transformation des singes en hominiens s’est faite graduellement sans que l’on puisse définir un moment précis de passage des uns aux autres. De même la vie des personnes se situe dans la continuité du dédoublement puis de la rencontre des cellules sexuelles. Bien sûr , dans le cadre concret des problèmes moraux et législatifs, comme pour l’avortement, nous sommes obligés d’effectuer des découpages plus ou moins arbitraires et toujours très discutables. Mon avis personnel est le suivant : la conception qui correspond à l’apparition d’une entité biologique autonome est l’instant où l’on peut placer ce découpage d’une façon qui ait quelques rapports avec la réalité. "

A qui peut-on accorder le statut d’embryon humain ? Une réponse de M. Mattei

Dans un interview accordé la revue Sciences et Vie, M. Mattei propose " pour éviter d’avoir à parler de manipulation d’embryon ", de " renommer la structure vivante ". " N’aurait alors droit à ce statut inviolable d’embryon humain qu’un être issu de la fécondation de deux cellules sexuelles et élancé vers la vie par sa nidation réussie dans l’utérus maternel. "

NOVEMBRE 1999

Promotion du DPI à partir d’un fait divers (enfants handicapés nés d’une grossesse multiple après une PMA) (USA)

Le Figaro (10 nov)  publie un article sur des septuplés nés il y a deux ans aux Etats-Unis (dans l’Iowa) pour noter que 2 d’entre eux sont handicapés. " La mère avait subi un traitement pour stérilité qui a dépassé son objectif, entraînant une surovulation. Pour des raisons religieuses — ils sont baptistes- les parents avaient catégoriquement refusé la réduction embryonnaire que leur conseillaient les médecins. (…) Une interruption partielle de la grossesse donne plus de chance aux embryons laissés en place d’arriver à terme en bon état. "

Rapport du Conseil d’Etat sur la révision des lois de bioéthique

Le rapport du Conseil d’Etat sur la révision des lois de bioéthique a été remis lundi 29 novembre au Premier ministre : il propose notamment d’autoriser, sous conditions, la recherche sur l’embryon et d’interdire le clonage reproductif. Le rapporteur Jean-François Théry explique à La Croix (30/11) pourquoi les conseillers veulent autoriser la recherche sur les embryons malgré les risques d’instrumentalisation de l’être humain qu’on ne manquera pas de leur reprocher : " Il est bien certain que, dans la perspective chrétienne, l’embryon, considéré comme une personne humaine potentielle, a droit à une protection absolue. Néanmoins, nous avons considéré que cette protection pouvait être proportionnée. Un embryon nidé dans l’utérus et faisant l’objet d’un projet parental précis doit être absolument protégé —à une exception près, celle de l’avortement, tel que prévu par la loi de 1975. En revanche, cette protection doit être relativisée, s’agissant d’un embryon aux tout premiers stades du développement qui n’est plus destiné à être transféré en vue d’une fécondation. Il y a une autre considération qu’on ne peut balayer d’un revers de main : à l’étranger, les recherches sur l’embryon ont déjà commencé. Si l’on impose des restrictions aux chercheurs français, nous devrons payer pour bénéficier des travaux qui auront été faits par nos voisins. "

DECEMBRE 1999

Promotion du DPI à l’occasion du Téléthon

Le Monde (05/12) annonce au cours du Téléthon " 1 milliard de francs supplémentaires engagés sur 5 ans pour la recherche en génomique " et consacre une large place à un développement sur la " Première grossesse après un diagnostic pré implantatoire " dont l’annonce a été réalisée au cours du Téléthon.

Indemnisation pour le fait de vivre (enfant né d’un viol)

" Dédommagé pour le fait d’être né " : Un homme reconnu coupable de viol, condamné à 10 ans de prison, vient d’être condamné à indemniser l’enfant né de ce viol aujourd’hui âgé de 2 ans au titre du préjudice moral et économique (Libération 10/02).

Poursuite de la grossesse d’une femme déclarée cliniquement morte. (Espagne)

En Espagne, une femme enceinte de 6 mois a été déclarée cliniquement morte. Les médecins de son hôpital ont été autorisés par un juge à maintenir en vie cette mère qui avait expressément demandé, se sachant condamnée, que tout soit fait pour sauver son enfant. (Libération 17/12). Le bébé est né le 31 décembre. Le décès de la mère a été certifié aussitôt après l’accouchement. Elle a été enterrée le lendemain. Le bébé, né par césarienne à l’issue de 29 semaines de gestation, présente des difficultés respiratoires mais ses poumons sont dans un état de développement acceptable. Il a été placé en couveuse et doit subir dans les prochains jours une série d’examens destinés à déterminer ses chances de survie. La naissance prévue pour la 33ème semaine a eu lieu plus tôt car les médecins ayant détecté une augmentation du liquide amniotique craignaient une fausse couche.

Interrogation sur un avortement imposé à une handicapée (Italie)

" Fallait-il faire avorter Laura, une handicapée mentale sicilienne de 13 ans ? Pendant des semaines, l’Italie s’est divisée sur ce cas. " (Le Figaro 18/12). L’Osservatore Romano a réagi très sévèrement : il dénonce la décision du médecin (de faire avorter l’adolescente) qui " évoque des épisodes de barbarie de certaines communautés au sein desquelles le droit de vie et de mort était exercé par le chef quel qu’il soit. Mais il n’y avait pas encore eu 20 siècles de christianisme. (…) Cette tragique décision atteint des sommets de folie et d’iniquité ", en évoquant également l’eugénisme nazi.

Des grands parents veulent recourir à une mère porteuse pour avoir un descendant à partir du sperme de leur fils

Les autorités britanniques bioéthiques ont exprimé leurs réserves quant à la demande d’un couple de retraités de disposer du sperme de leur fils unique récemment décédé pour tenter d’avoir un descendant par une mère porteuse (AFP 20 dec). Les grands-parents menacent l’hôpital de le poursuivre en justice s’il refuse de leur restituer le sperme de leur fils qui leur aurait donné une lettre indiquant qu’il est d’accord pour que sa fiancée ait un bébé avec son sperme en cas de décès. Depuis, la fiancée a refusé, mais les retraités sont prêts à payer une mère porteuse.

JF Mattei propose la création d’un label éthique pour les biotechnologies

Jean-François Mattei propose dans la Croix (22/10) la création d’un label éthique afin de faciliter le développement des biotechnologies (nouvelles techniques basées sur l’utilisation du vivant). " De même que, peu à peu, se met en place un label garantissant pour certains objets qu’ils ne sont pas le fruit du travail d’enfants clandestinement exploités, je propose la création d’un " label éthique " qui garantirait pour tous les produits issus du vivants, grâce aux biotechnologies, qu’ils respectent les principes mis en avant dans la Déclaration des droits de l’homme et les textes internationaux qui en découlent. Il s’agit de la primauté de la personne, du respect de l’être humain dès le commencement de sa vie, de l’inviolabilité, l’intégrité et l’absence de caractère patrimonial du corps humain ainsi que du respect de l’intégrité de l’espèce humaine. Ce label éthique, loin de gêner le développement des biotechnologies leur permettrait au contraire de s’affranchir des critiques puisqu’il serait le garant du respect de la dignité de la personne humaine. "

JANVIER 2000

Réveil d’une femme plongée dans le coma depuis des années

Une femme de 42 ans plongée dans le coma depuis 16 ans s’est réveillée soudainement. (Le Parisien 06/01) Après l’arrêt de son cœur lors d’une césarienne qui avait dégénérée, les médecins l’avait réanimée et elle vivait allongée sans bouger, incapable de communiquer et nourrie à l’aide d’une sonde stomacale. Normalement l’absence momentanée d’oxygène endommage le cerveau, irrémédiablement. Ce qui a donc le plus surpris les neurologues, c’est la rapidité avec laquelle la femme a récupéré ses facultés.

Une " victime de la thérapie génique " (USA)

Un jeune homme atteint d’une grave maladie génétique est mort après l’injection d’un produit dans le cadre d’un protocole d’essai en thérapie génique. L’affaire fait du bruit pas tant parce qu’il s’agit d’une recherche de type nouveau -et donc potentiellement effrayante- mais pour des questions de rivalités entre administrations américaines. (La Croix 25/01)

FEVRIER 2000

Condamnation d’une automobiliste pour homicide involontaire pour avoir tué un fœtus au 8ème mois de grossesse

" Le fœtus est-il une personne ? " s’interroge Le Quotidien du médecin (7 fev) : " Une automobiliste vient d’être condamnée pour homicide involontaire : en décembre 1997 elle avait percuté la voiture conduite par une femme enceinte, laquelle avait perdu son bébé, au 8ème mois de grossesse. " En première instance le tribunal avait condamné l’automobiliste pour " blessure involontaire ", mais la cour d’appel de Reims a infirmé le jugement, considérant qu’un fœtus de 8 mois est une " personne humaine " qui " bénéficie d’une protection pénale. " Selon les magistrats, " un enfant, après 8 mois de grossesse, a franchi le seuil de viabilité, étant jusqu’à terme apte à vivre de façon autonome. " Le Figaro (5 fev) précise que la Cour de cassation avait, elle, développé sa jurisprudence dans un arrêt du 30 juin 1999 en estimant, en substance, que l’homicide involontaire ne pouvait concerner un fœtus de 5 mois (le cas était différent : il s’agissait de l’erreur d’un chirurgien. Confondant 2 patientes, il avait mis un terme à une grossesse désirée.) " Sans doute pour éviter de descendre le ‘’seuil’’ trop bas " explique un spécialiste du droit médical : " En effet si l’homicide involontaire était reconnu sur un fœtus de cet âge, cela ouvrirait la voie à des poursuites pour assassinat contre des médecins pratiquant des IVG thérapeutiques. " (…) C’est sans doute à cet enjeu indirect que répond la jurisprudence. "

L’OPECST rend un rapport sur la bioéthique

Jeudi 24 février l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (l’OPECST) a rendu public son rapport sur le clonage, la thérapie cellulaire et l’utilisation thérapeutique des cellules embryonnaires. La presse a relevé que ce rapport Huriet/Clayes " n’a pas pour vocation de se prononcer pour ou contre telle ou telle voie de recherche, mais de les recenser afin d’éclairer le législateur qui devra réactualiser la loi de bioéthique de 1994 " (AFP 24 fev)

Grave erreur dans l’accord d’un brevet au niveau europ

AFP 21 fev : " L’Office européen des brevets de Munich a reconnu lundi une ‘’grave erreur’’ avec l’octroi d’un brevet, susceptible d’être exploité sur l’homme, à des embryons génétiquement modifiés. "

MARS 2000

Décision d’un tribunal autorisant le recours à une mère porteuse (Italie)

" Une décision judiciaire d’un tribunal de Rome autorisant un couple stérile à avoir recours à une mère porteuse a provoqué un tollé en Italie. Cette pratique n’est pas autorisée par le code déontologique des médecins tandis qu’il existe un vide sur le plan juridique. Un projet de loi sur la procréation médicalement assistée est en discussion devant le Parlement. (…) La juge a justifié sa sentence en expliquant qu’il s’agissait d’un acte ‘’seulement d’amour’’. " La Croix (01/03) 

Culture d’ovaires dans des ventres de souris (USA/Japon)

Une équipe de chercheurs américains et japonais a annoncé avoir fait pousser des ovaires humains dans des ventres de souris. (Le Figaro 08/03). Si on ne peut pas envisager d’application clinique ou de grossesses humaines avec de telles expériences, l’article précise cependant : " Des souris productrices d’ovules humains pourraient avoir d’autres débouchés. Les chercheurs vont travailler de plus en plus sur les embryons et les cellules souches, ces cellules totipotentes capables de générer n’importe quel tissu. En France, la loi de bioéthique de 1994 doit être prochainement révisée. L’autorisation de mener des recherches sur ces cellules embryonnaires est au cœur du débat. Si ces travaux étaient légalisés, les laboratoires auraient besoin d’ovules en quantité, pour créer des embryons. La question de leur production se posera inévitablement. "

Déclaration de Blair et Clinton sur le décodage du génome humain

Dans une déclaration solennelle et commune, Tony Blair et Bill Clinton ont demandé aux scientifiques du monde entier de verser dans le domaine public toutes les informations concernant le décodage du génome humain, actuellement en cours (AFP 14/03). Les chercheurs des instituts publics engagés dans la course depuis 1990 soupçonnent que leurs concurrents, en particulier la firme privée Celera Genomics, qui participe au projet public, ont l’intention d’établir un monopole total sur le génome humain.

AVRIL 2000

La douleur du foetus

Une étude publiée dans La presse médicale (01/04) abord le thème de la douleur du fœtus : " Nous avons réuni les arguments expérimentaux ou cliniques en faveur d’une sensibilité douloureuse pendant la vie fœtale. (…) En l’absence de données validées sur l’évaluation de la douleur fœtale, il paraît important de prévenir celle-ci dans toutes les situations à risque. "

Rapport favorable au clonage thérapeutique (GB)

" Le gouvernement britannique devrait donner son feu vert au clonage d’embryons humains à des fins de recherche médicale, après qu’un rapport d’experts a conclu que ses avantages potentiels pesaient davantage que certaines questions éthiques " (AFP 03/04).

Annonce de Celera Genomic d’un très prochain déchiffrage du génome humain

La société américaine Celera Genomic a annoncé qu’elle avait achevé " le séquençage d’une ‘’personne’’, ce qui pourrait conduire au déchiffrage de la carte du génome humain d’ici à quelques mois. (…) Cette annonce laisse relativement indifférents les spécialistes français. Elle ne change pas grand chose, pour l’instant, dans la connaissance que l’on a de l’être humain. Elle s’inscrirait plutôt dans la guerre qui oppose cette firme privée au Projet génome humain (PGH) international. Les difficultés en Bourse du nouveau marché ne seraient pas non plus étrangères à cette tapageuse déclaration. (Le Figaro 07/04)

Pétition de M. Mattei sur la brevetabilité du génome hum

Le député JF Mattei et son homologue allemand W Wodarg lancent une pétition, sur Internet, contre la brevetabilité des gènes humains. (Plusieurs articles)

Arrivée du préservatif féminin

Annonce de l’arrivée du préservatif féminin dans les pharmacies. La direction générale de la Santé en assure le lancement avec une campagne grand public prévue en mai. Il devrait être commercialisé à un prix d’environ 10F l’unité. (Plusieurs articles 04/04)

Première mondiale pour la thérapie génique

Le Figaro 28/04 " 5 petits enfants souffrant d’une gravissime maladie héréditaire, dépourvus de toute défense immunologique et condamnés à vivre dans un milieu stérile, ont pu sortir de leur ‘’bulle’’ protectrice 3 mois après le traitement de leur moelle osseuse par le gène médicament qui a corrigé leur déficit. "

Nouvelle technique de PMA

Une équipe franco-hispano-italienne annonce avoir mis au point une nouvelle technique de procréation médicalement assistée. Cette technique consiste à prélever le noyau de l’ovule —où se trouve l’ADN- de la future mère et à l’insérer dans le cytoplasme vide- c’est-à-dire l’enveloppe de la donneuse. " Ainsi, précise La Croix (27/04), l’ovule qui sera ensuite fécondé par le sperme du père contient le patrimoine génétique de la mère et non celui de la donneuse. " Or il y a un point que les chercheurs ne mettent pas en avant : les ovules des donneuses contiennent de l’ADN hors noyau, l’ADN mitochondrial : les enfants hériteront donc des gènes d’un père et de deux mères. "

Le Pr Nisand met en garde sur les dérives du DPN

Le Professeur Nisand a accordé un interview à La Croix (27/04) pour dénoncer les dérives du diagnostic prénatal : revendication d’un enfant " parfait ", au risque d’entraîner la multiplication des procès intentés à l’encontre des médecins, provocation de 550 fausses couches par des amniocentèses en 1999, pour 280 trisomies décelées, ce qui montre à quelle aberration supplémentaire conduit cette pratique.

MAI 2000

Décryptage du chromosome 21

La presse a applaudi unanimement le décryptage, par une équipe internationale de chercheurs, de la structure du chromosome 21, impliqué dans plusieurs maladies génétiques, dont la trisomie 21.

Mission d’information sur la bioéthique à l’AN

La mission d’information de l’Assemblée nationale sur la bioéthique qui vient d’être créée, a élu à sa présidence Bernard Charles, président PRG du groupe RCV à l’Assemblée . Alain Clayes (PS) a été désigné comme rapporteur. (AFP 09/05)

JUIN 2000

Déclaration du Garde des Sceaux sur l’incompatibilité des législations française et européenne sur la brevetabilité du génome humain

Le Monde  (10/06) : " Après les déclarations d’Elisabeth Guigou, ministre de la justice sur l’incompatibilité existant, selon elle, entre la directive européenne concernant la prise de brevets sur le génome humain et le droit français, la Commission européenne a menacé la France de poursuites. (…) Réagissant à ce qu’ils estiment être une menace majeure pour leurs activités, les entreprises françaises de biotechnologies et leurs partenaires financiers réunis au sein de l’association France Biotech expriment leur ‘’consternation’’ : ‘’un moratoire sur la brevetabilité des gènes en France aurait pour effet de mettre le pays au ban des grandes nations industrielles dans le domaine de la recherche médicale.’’ "

Avis du CCNE sur la breveta-bilité des gènes humains

Le comité d’éthique a rendu un avis qui s’oppose à la transcription, dans le droit français, de la directive européenne sur la brevetabilité des gènes humains. Au nom du " ‘’libre accès à la connaissance (…), bien commun de l’humanité’’, les sages commandent une réécriture du texte. " (Le Monde 15/06)

JUILLET 2000

1er bilan de la pratique de l’ICSI

Le Monde (09/07) relate le premier bilan réalisé sur 9 ans de la pratique de l’ICSI. Alors que des spécialistes de la reproduction s’étaient inquiétés du risque de transmission de gamètes anormaux, ce premier bilan permettrait d’écarter ces inquiétudes. Le quotidien souligne cependant que " le débat est loin d’être clos " : outre la principale critique à l’équipe pionnière d’avoir osé développer une technique chez l’homme en l’absence d’expérimentations sur l’animal, le débat reste ouvert sur les conséquences touchant le développement des enfants conçus selon cette méthode et rien ne permet d’affirmer avec certitude que ne sont pas transmises d’autres anomalies, génétiques ou pas, encore non identifiables. Charles Thibault " l’un des grands noms de la reproduction animale " va plus loin : " ‘’C’est une lourde responsabilité que de freiner, par la contraception, la diffusion des individus fertiles et de favoriser simultanément la diffusion des anomalies géniques responsables de la subfertilité’’ ". " Selon lui l’absence d’anomalies chez les enfants ou les adultes ainsi conçus ne permet nullement de conclure, les anomalies pouvant n’apparaître que dans les générations suivantes. "

Avis de la CNCDH sur la révision des lois bioéthique

La commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) a rendu public mardi 11 juillet un avis concernant la révision des lois de 1994 sur la bioéthique " (Le Monde 13/07). Sur la question de la recherche sur l’embryon humain, " elle précise qu’elle n’a pu parvenir à une position unanime. C’est donc ‘’majoritairement’’ qu’elle s’est rangée ‘’à une solution mesurée’’. Cette solution consiste à autoriser des recherches dès lors qu’elles ne porteraient que sur des embryons conservés par congélation et ne s’inscrivant plus dans le cadre d’un projet parental. "

AOUT 2000

Feu vert du gouvernement britannique au clonage thérapeutique

Le gouvernement britannique a annoncé mi août " avoir donné son feu vert au clonage d’embryons humains à des fins de recherche thérapeutique. (…) L’objectif est, en utilisant des cellules très jeunes, de cultiver toutes sortes de tissus qui pourraient servir de ‘’pièces de rechange’’ pour traiter des maladies actuellement incurables. Le texte de loi permettant le clonage d’embryons à des fins de recherche médicale interdira cependant strictement le clonage à but reproductif. Le gouvernement a annoncé qu’il laissera aux députés la liberté de voter selon leur conscience sur ce sujet éthique délicat. " (AFP 16/08)

Financement public de recherches sur les cellules issues d’embryons humains (USA)

L’administration Clinton a donné son feu vert au financement public de recherches sur les cellules issues d’embryons humains. L’utilisation de ces embryons est soumise à de nombreuses conditions par le National Institute of Health (NIH) : les cellules doivent provenir d’embryons congelés dans le cadre de traitements contre la stérilité, les donneurs ne pourront pas être payés et ils n’auront aucun contrôle sur le devenir des embryons. Chaque recherche sera soumise à l’approbation d’un comité d’éthique. Les scientifiques financés par des fonds fédéraux pourront travailler sur les cellules extraites des embryons, mais ne pourront participer ni à leur création -ils seront fournis par des sociétés privées- ni à leur destruction. Officiellement les chercheurs publics travailleront sur des cellules et non sur des embryons, nuance qui permettra de contourner l’interdiction du financement des recherches utilisant des embryons humains, émise par le Congrès en 1996. " (La Croix 29/08)

SEPTEMBRE 2000

Résolution du Parlement européen sur le clonage

Libération (08/09) : " Non au clonage humain, quel que soit son but. Ainsi a voté le Parlement européen. Lors de sa session plénière de rentrée, l’assemblée de Strasbourg a adopté une résolution considérant que le ‘’clonage thérapeutique’’ est ‘’contraire à la dignité humaine.’’ Ce vote est la première réponse européenne faite au gouvernement britannique (…) Le Parlement, qui considère ‘’qu’il existe d’autres moyens pour guérir les maladies graves’’, souhaite que soit proclamée ‘’à l’échelon des Nations unies une interdiction universelle et spécifique du clonage d’êtres humains à tous les stades de la formation et du développement.’’

Lancement de l’appel européen de l’ADV

Christine Boutin et l’Alliance pour les Droits de la Vie ont saisi l’occasion du vote européen pour lancer avec un parlementaire britannique un " appel européen pour la protection de l’embryon " par Internet, relayé dans la presse. (Plusieurs articles 08/09)

OCTOBRE 2000

Naissance du 1er bébé conçu pour sauver sa sœur (USA)

La naissance d’Adam aux Etats-Unis, bébé éprouvette conçu pour sauver sa sœur Molly, a été largement médiatisée. Molly, qui souffrait d’une forme de leucémie, a été traitée avec des cellules extraites du cordon ombilical de son frère dont l’embryon a été sélectionné dans le but de réaliser cette greffe. Les greffes de cellules se pratiquent couramment. Mais cette fois-ci, non seulement Adam a été conçu pour la réalisation de cette greffe, mais encore l’embryon a été choisi parmi 10 autres parce qu’il ne présentait pas le défaut génétique dont souffre sa sœur. Aujourd’hui le succès de la greffe relance l’intérêt pour l’utilisation d’embryon pour la recherche. Ainsi qu’un problème éthique. (AFP 19/10)

Un couple veut pouvoir choisir le sexe de son enfant (procès GB)

Un couple écossais qui souhaite utiliser la fécondation in vitro pour choisir le sexe de son bébé a menacé de porter l’affaire devant la Cour européenne des droits de l’Homme en cas de refus en Grande-Bretagne. Ce couple a déjà 4 garçons. Il a perdu une petite fille de 3 ans, Nicole, dans un incendie l’année dernière. Pour eux, leur famille a absolument besoin de retrouver ‘’une dimension féminine’’ pour retrouver son équilibre après ce drame. (…) Un comité d’experts doit se pencher sur le cas, mais la HFEA (l’autorité britannique en matière bioéthique) a déjà rappelé que sa règle générale était d’autoriser ce genre de manipulation génétique pour des raisons strictement médicales. (AFP 04/10)

NOVEMBRE 2000

Arrêt Perruche

" L’assemblée plénière de la Cour de cassation a décidé dans un arrêt, qu’un enfant né handicapé est en droit de demander réparation dès lors qu’une faute médicale ayant empêché sa mère d’avorter crée pour lui un préjudice. La demande de Nicolas Perruche, (17 ans), très gravement handicapé, se fondait sur une faute de diagnostic concernant la rubéole dont sa mère souffrait lors de sa grossesse. Cette affaire a suscité un débat inédit, à mi chemin entre droit et éthique, entre les tenants d’une indemnisation jugée indispensable en raison des charges occasionnées par de lourds handicaps et ceux qui considèrent qu’une telle décision revient à considérer la naissance comme un préjudice en soi. " (Le Monde 19/11).

Création d’un " comité contre l’handiphobie " composé de 100 familles de personnes handicapées : ces familles ont décidé d’attaquer l’Etat pour " faute lourde dans l’exercice du service public de la justice. Le collectif a adressé à chaque député et sénateur le texte d’une proposition de loi visant à interdire d’entamer une action en indemnisation du fait d’un handicap naturellement transmis. (AFP 01/12)

Naissance du 1er enfant géné-tiquement sélectionné

La presse a salué la naissance de Valentin, " premier bébé français de la génétique ", (AFP 15/11). Cette naissance marque l’application en France du diagnostic pré-implantatoire (DPI), c’est-à-dire de l’analyse génétique et de la sélection d’embryons.

Rejet du clonage thérapeutique par le GEE

Le 14 novembre, le Groupe d’Ethique Européen, a rendu public, à Paris, son dernier avis sur " les aspects éthiques de la recherche sur les cellules souches humaines et leur utilisation ". Le GEE juge éthiquement inacceptable la création d’embryons à partir de dons de gamètes afin de se procurer des cellules souches, étant donné que les embryons surnuméraires représentent une source alternative disponible. Quant au clonage thérapeutique, le GEE estime que que la création d’embryons par transfert de noyaux de cellules somatiques pour les besoins de la recherche sur la thérapie par les cellules souches serait prématurée. (Le Monde 16/11)

ITW de Mgr Lustiger sur la bioéthique

Dans un entretien au Monde (26/11) le cardinal Lustiger en appelle à la " responsabilité " du politique dans le débat sur la bioéthique, et s’inquiète des " conséquences morales, sociales et politiques redoutables " de la " maîtrise de la reproduction ".

Annonce du projet de loi bioéthique par Jospin

Lors de l’ouverture des journées annuelles d’éthique, le Premier ministre a brisé un tabou en présentant les grandes lignes de l’avant projet de loi sur la bioéthique qui sera discuté en conseil des ministres au printemps 2001 : celui de la création d’embryons pour la recherche, et du clonage thérapeutique. (Plusieurs articles 29/11)

DECEMBRE 2000

Vote du clonage par le Parlement britannique

" Le parlement britannique a approuvé le 19 décembre la proposition du gouvernement de Blair d’autoriser le clonage d’embryons humains à des fins thérapeutiques, secteur très controversé mais considéré comme prometteur pour des maladies incurables. " (Plusieurs articles 20/12).

JANVIER 2001

Ouverture d’un centre de recherche sur les cellules souches du placenta et du cordon avec l’appui du Vatican

L’université catholique du Sacré-Cœur de Rome vient d’ouvrir, le 1er janvier, un centre de recherche sur les cellules souches de placenta et de cordon ombilical, avec l’assentiment du Vatican. De telles cellules pourraient servir d’alternative ‘’éthique’’ aux recherches sur les cellules souches obtenues par clonage thérapeutique de l’embryon auxquelles l’église catholique est farouchement opposée. (Le Figaro 03/01). Pour Axel Kahn, " un travail expérimental portant sur de telles cellules est par conséquent tout à fait légitime et la position vaticane est loin d’être ridicule. Cependant on ne peut affirmer avec certitude qu’au plan de l’efficacité, de telles cellules auront les mêmes propriétés que celles dérivées des cellules souches embryonnaires. "

Tentative de modification de la législation après l’arrêt Perruche

Dans le cadre du projet de loi de modernisation sociale, les députés ont examiné le 10 janvier, un amendement adopté (grâce aux voix communistes) par la commission des affaires sociales à l’initiative de Jean-François Mattei, président du goupe DL. Cette disposition inscrit à l’article 16 du code civil : " la vie constitue le bien essentiel de tout être humain, nul n’est recevable à demander une indemnisation du fait de sa naissance. " et vise l’arrêt Perruche du 17/11 dernier. Les socialistes ont refusé de voter l’amendement en séance publique : Mme Guigou, ministre de l’Emploi et de la solidarité a soutenu qu’en l’état actuel elle ne savait pas s’il fallait ou non légiférer et que les interprétations qui sont faites de cet arrêt dépassent l’intention de la cour de Cassation ; néanmoins elle a reconnu qu’il fallait " approfondir " le débat provoqué par cet arrêt, et ainsi annoncé qu’elle allait saisir le comité d’éthique. (Plusieurs articles)

Vente de deux bébés jumelles sur Internet

" Bébés vendus deux fois " (Libération 18/01) : " Des californiens ont acheté des bébés métis à leur mère biologique, une américaine de 28 ans, via un site web. Mais deux mois plus tard, celle-ci kidnappait les jumelles et les revendait, pour le double du prix, à un couple au pays de Galles. (…) Les couples de parents se sont violemment disputés la garde, par chaîne de télévision interposée. " Une semaine après la bataille médiatique, la justice britannique a décidé que les jumelles resteraient à titre provisoire sous la garde des services sociaux, après avoir été retirées à leurs parents adoptifs par la police.

Découverte d’une méthode pour passer de cellules adultes à des cellules staminales

Une chercheuse aurait mis au point une méthode permettant d’obtenir des cellules staminales à partir de cellules adultes, annonçait le Times (Londres) du 15 janvier. Une nouvelle qui ouvre une alternative au ‘’clonage thérapeutique’’. (…) La nouveauté de la méthode de la chercheuse est qu’elle a en quelque sorte ‘’rajeuni’’ des cellules qui sont retournées à l’état staminal. (Zénit 16/01)

Le Parlement anglais autorise le clonage humain à des fins thérapeutiques.

" Le Parlement de Westminster a franchi le pas. La recherche sur le clonage d’embryons humains à des fins thérapeutiques est désormais légale. Lundi soir (22/01), la Chambre des lords, après celle des communes le 19 décembre dernier, a voté en faveur du texte gouvernemental. (…) La très large majorité de la Chambre haute favorable à ce type d’expérimentation a surpris. (…) Lady Warnock, qui a présidé la Commission d’enquête sur la fécondation artificielle, ne cachait pas son ‘’scepticisme ‘’. Quoique favorable au principe de la recherche sur le clonage thérapeutique, elle s’interrogeait sur la hâte du gouvernement à faire passer son texte envers et contre tout. En cours de débats, le secrétaire d’Etat à la Santé a annoncé la création d’un comité chargé d’étudier toutes les conséquences scientifiques et éthiques du clonage thérapeutique. " (Le Figaro 24/01)

Annonce de tentative de clonage humain à visée reproductive

Un consortium privé regroupant des médecins de plusieurs pays a lancé un vaste effort pour tenter d’ici un à deux ans de cloner un être humain à des ‘’fins thérapeutiques’’, une méthode qu’ils entendent réserver aux couples stériles. ‘’L’effort va consister à aider des couples qui n’ont pas d’autre alternative pour se reproduire et qui veulent avoir leur propre enfant biologique sans avoir à utiliser les ovules ou le sperme de quelqu’un d’autre’’. (…) Le consortium international privé est dirigé par un médecin italien de Rome, le Dr Severino Antinori, qui jouit d’une réputation sulfureuse en raison de ses efforts consistant à aider les femmes ménopausées à avoir des enfants.  (AFP 29/01).

Arrêt des FIV avec don d’ovocytes pour protester contre la législation en vigueur

" Les principales équipes françaises de fécondation in vitro agréées pour le don d’ovocytes ont décidé d’arrêter cette activité pour dénoncer une réglementation ‘’unique en Europe’’, qui pousse le ‘’principe de précaution jusqu’à l’excès’’ a indiqué le Pr René Frydman, responsable de l’une de ces équipes. Cette décision (…) vise à dénoncer la mise en quarantaine des ovocytes par congélation pendant six mois, mesure qui réduit gravement les chances de succès de la fécondation, a-t-il expliqué. " (AFP 30/01)

FEVRIER 2001

Avis et déclarations sur l’avant projet de loi bioéthique et le clonage

La Commission nationale des droits de l’homme et le Comité consultatif national d’éthique viennent de rendre leur avis sur l’avant-projet de loi bioéthique rendu public fin novembre par le Premier ministre. L’avis des 2 instances consultatives est opposé sur le clonage d’êtres humains à visée thérapeutique : alors que la CNDH le refuse (le 01/02), le CCNE s’est exprimé en sa faveur (le 07/02). Un avis positif mais avec une double modération : l’accord est loin d’avoir fait l’unanimité (la majorité qui s’est dégagée est très courte : 14 contre 12), et 2 membres " de poids " ont tenu à marquer leur désaccord : le très médiatique généticien Axel Kahn, et le président du CCNE le Pr. Sicard.

Plusieurs quotidiens ont relaté que la mission d’information parlementaire sur la bioéthique avait rendu la veille (de la communication du CCNE) un rapport qui serait " en osmose avec le texte du gouvernement ". En fait :1) la mission, dont Christine Boutin est membre, n’a pas rendu de rapport, 2) le texte en préparation de toute façon ne se positionne pas sur le clonage. Un point presse a effectivement eu lieu la veille, tenu par Alain Claeyes (PS) et Bernard Charles (PRG), respectivement porte-parole et président de la mission, avec l’intention d’aller dans le sens d’un soutien à la décision du gouvernement. Manipulation nécessaire au moment où une majorité contre le clonage dit " thérapeutique " se dégage mise à part la position britannique (qui a traditionnellement une position utilitariste) : vote en septembre du Parlement européen contre toute forme de clonage, opposition clairement exprimée de l’Allemagne par sa ministre de la santé Andrea Fischer, rapport du Groupe européen d’éthique en novembre, rapport de la CNDH ces jours-ci. Manipulation réussie puisque l’ensemble de la presse a traduit la position de la mission d’information de l’AN en terme de soutien au projet de bioéthique gouvernemental.

Le Président Chirac a politisé le débat en se prononçant très clairement contre le clonage thérapeutique par une déclaration solennelle à l’ouverture du congrès Biovision (08/02).

Annonce du séquençage du génome humain

L’annonce du séquençage de la totalité du génome humain (repérage des différents gènes qui composent l’ADN humain) a fait la une le 12 février : deux équipes, l’une publique, le Consortium international de séquençage du génome humain et l’autre privée, celle de Celera Genomics, ont publié le résultat de leurs travaux dans deux revues scientifiques Nature et Science. Les media ont ressassé deux idées :  par son nombre de gènes (environ 30 000 décelés), l’homme ne serait pas très éloigné du ver de terre, qui en a 19 000 et, " nous valons 2 mouches à vinaigre " (13 600 gènes) (Libération) ; par ailleurs, tous les hommes partagent le même génome, à 99,9 %, ce qui ruinerait la notion de " races ". L’enthousiasme médiatique a été tempéré par l’observation de quelques plumes plus averties : la raison principale de cette surmédiatisation était la recherche de l’effet d’annonce, affirmation d’autant plus vraisemblable qu’on connaissait en fait déjà une grande partie de ce qui a été présenté comme découverte, et que le décryptage de l’ensemble du génome humain n’est même pas terminé.

Création de souris humanisées

" Des biologistes de San Fransisco ont créé des souris ‘’humanisées’’. " (Le Monde 27/02) En effet, " une équipe de biologistes américains a révélé avoir réussi à créer des souris dont une fraction importante du cerveau -le quart environ- avait été colonisée par des neurones provenant de cellules issues d’embryons humains. (…) Cette première soulève dès à présent de nouvelles et troublantes questions éthiques. Elle constitue dans le même temps un spectaculaire rebondissement dans la toute récente controverse sur la provenance et l’usage qui, raisonnablement, peuvent être faits des cellules souches humaines." Pour Libération (27/02) " la nouvelle fleure bon la Bourse. Stem Cells, qui mise son avenir sur les greffes de cellules, a ‘’révélé’’ vendredi sa performance, deux jours avant d’annoncer (aux investisseurs) sa nouvelle direction. La démonstration de l’expérience était pourtant déjà décrite sur le site web de la firme depuis l’an dernier. "

Le Danemark autorise le clonage

" Une majorité au Conseil d’Ethique du Danemark s’est prononcé en faveur du ‘’clonage d’embryons humains dans un but de parvenir à de nouvelles méthodes de traitement médical’’ " selon le quotidien Aktuelt (social-démocrate) (AFP 28/02)

Procès aux USA sur le sort d’embryons congelés

" Quel sort doit-on réserver à sept embryons congelés que s’arrache un couple de divorcés ? C’est la question délicate à laquelle doit répondre la Cour suprême du New Jersey. (…) L’ex mari veut les récupérer pour les ‘’utiliser’’ lors d’un prochain mariage, tandis que l’ex épouse a dit haut et fort qu’elle voulait les détruire. Jusqu’à présent, les tribunaux locaux du New Jersey ont donné raison à la jeune femme, statuant que ‘’personne ne pouvait faire quoi que ce soit avec ces embryons sans l’accord de la mère. " (Libération 28/02)

Amélioration de la technique de congélation des ovocytes.

" Des chercheurs italiens ont réussi à améliorer la technique de congélation des ovocytes, qui reste beaucoup plus difficile que celle du sperme ou d’embryons utilisée en routine, selon le numéro de mars du mensuel européen Human Reproduction. (…) Une bonne conservation des ovocytes permettrait d’éviter d’accumuler des stocks d’embryons congelés à une femme, devant subir un traitement castrateur, de préserver ses projets d’enfants, même si elle n’a pas encore rencontré l’âme sœur. " (AFP 27/02)

MARS 2001

Entrée en vigueur du protocole européen interdisant le clonage

Le Protocole portant interdiction du clonage d’êtres humains est entré en vigueur le 1er mars, ayant reçu les cinq ratifications requises — celles de la Slovaquie, la Slovénie, la Grèce, l’Espagne et la Georgie. Ce Protocol additionnel à la Convention du Conseil de l’Europe sur les droits de l’homme et la biomédecine est le premier et le seul accord international contraignant relatif au clonage. Il a été ouvert à la signature des Etats membres le 12/01/98 à Paris. (communiqué de presse du Conseil de l’Europe 01/03)

Conférence de presse des assurances et des échographistes après l’arrêt Perruche

Les échographistes s’inquiètent des conséquences de l’arrêt Perruche pour leur profession, au cours d’une conférence de presse organisée par deux mutuelles professionnelles. Les indemnisations pour défaut de diagnostic fragilisent la profession : les mutuelles affirment en effet ne pas refuser d’assurer les échographistes, mais prévoient une forte augmentation des cotisations puisque la prime sera fonction du risque (très important en l’espèce) mais supportée seulement par 6 000 à 7 000 praticiens. Libération (07/03) : " Les spécialistes envisagent des solutions radicales. ‘’Soit on ne fera plus de diagnostic anténatal, soit on va jouer la sécurité maximale et il y aura de nombreuses interruptions de grossesse pour des faux positifs.’’ " Pour le Pr Nisand  ‘’on n’est pas loin du délit de sale gueule’’. Un autre échographiste soutient qu’il faut distinguer deux contextes : " d’une part l’échographie de dépistage, pour les grossesse a priori normales, d’autre part l’échographie de diagnostic, pratiquée en cas de situation à risque par des hyperspécialistes. " Libération termine en précisant " que les problèmes actuels sont la rançon de vingt ans de pratique sans beaucoup de réflexion sur ses modalités. ‘’On a accueilli le diagnostic prénatal comme un progrès sans que ses objectifs soient clairement définis. Aujourd’hui c’est un fiasco par absence d’évaluation.’’ "

Rapport sur la douleur : interrogations sur la douleur du foetus

" Dans son rapport sur les douleurs et leurs traitements, l’Académie nationale de médecine consacre un chapitre spécifique au nouveau-né et au prématuré. (…) Le rapport soulève une autre question qui ‘’se pose très sérieusement, même s’il subsiste encore des inconnues’’, celle de ‘’la notion de douleur chez le fœtus’’. ‘’En effet, écrivent les académiciens, le fœtus possède tous les éléments nécessaires à la perception nociceptive (c’est-à-dire de la douleur). En revanche, on ne sait pas encore parfaitement si ces systèmes existants ont une maturité suffisante pour être opérationnels. (Le Monde 04/03)

Rapport d’experts de l’Académie des sciences sur la nécessité d’accentuer la recherche sur les cellules souches adultes

AFP (06/03) : " Des experts plaident pour plus de recherches sur les cellules souches " : " La découverte chez l’animal adulte de ‘’cellules-souches’’ pouvant contribuer, de façon transitoire ou permanente à la réparation de tissus, est ‘’une avancée majeure’’ estime un groupe d’experts qui recommande un accroissement de la recherche sur ce sujet " dans un rapport réalisé sous la conduite de François Gros, secrétaire perpétuel de l’Académie des Sciences. " ‘’Si ces données étaient transposables à l’homme, elles pourraient inaugurer un changement considérable dans notre attitude thérapeutique.’’ (…) Si ces observations ont été faites en grande partie chez l’animal, elles n’ont pas toutes été confirmées chez l’homme. ‘’Cette approche fondamentale, urgente et essentielle doit être financée en priorité’’ écrit le Pr Gros. ‘’Les décisions qui seront prises aujourd’hui de faciliter ou non ces études fondamentales détermineront en grande partie, non seulement le niveau de compétitivité internationale de notre recherche, mais aussi l’évolution de notre médecine’’. "
A noter : le rapport avance des raisons d’autoriser la recherche sur les embryons humains et le clonage thérapeutique au lieu de cantonner la recherche sur les embryons d’animaux. L’une est le coût : " l’utilisation des cellules souches adultes et embryonnaires des gros animaux, qui constituent un modèle plus proche de la physiologie humaine que les souris, mais qui présentent l’inconvénient majeur de n’être disponibles que pour un petit nombre d’équipes, en raison de leur coût. " l’autre : il ne faut pas " sous-estimer que les travaux sur les primates se heurtent partout dans le monde à des oppositions bien organisées

Echec de greffe de neurones de fœtus avortés sur des personnes atteintes de la maladie de Parkinson

AFP (08/03) : " Une tentative de chercheurs américains pour greffer des cellules nerveuses cérébrales provenant de fœtus avortés chez des malades atteints de la maladie de Parkinson s’est soldée par un sérieux échec, les cellules fœtales transplantées se développant de façon incontrôlée chez certains patients. C’était la première fois que ce type d’expérience faisait l’objet d’une évaluation clinique extrêmement rigoureuse. (…) L’étude est importante car elle permet d’évaluer un type d’opération qui est d’ores et déjà disponible aux Etats-Unis pour une somme avoisinant les 40 000 dollars. De plus, de nombreux pays sont en train d’adopter des législations afin d’autoriser le clonage d’embryons à des fins médicales. "

Provocation de deux médecins sur le clonage à visée reproductive 

Lors de la première conférence mondiale sur le clonage reproductif humain qui s’est tenue à l’université La Sapienza de Rome, les docteurs Severino Antinori (Italie) et Panayiotis Zavos (Etats-Unis) ont réaffirmé leur ferme intention de réaliser à court terme le premier clonage d’un être humain. Dans une ambiance surréaliste et surchauffée, soutenus par quelques scientifiques plus ou moins en marge, ils ont fait un réquisitoire en règle contre l’opposition au clonage humain des gouvernements de presque tous les pays industrialisés. Ils ont clamé que la marche vers cette technique pour reproduire l’homme était inéluctable. (Le Figaro 10/03)

Changement de sexe de souris mâles

Des chercheurs ont réussi à créer des souris mâles dotées d’un organe reproductif féminin, simplement en désactivant le gène responsable de la production du facteur de croissance du fibroblaste 9, une protéine jouant un rôle important dans le développement. (AFP 22/03)

Colloque sur les rapports juge / médecin

Un colloque sur les rapports juge/médecin évoque la responsabilité médicale dans le diagnostic anténatal et un très récent arrêt de la Cour de cassation (arrêt Perruche). Claude Sureau, président honoraire de l’Académie de médecine, devrait lever les confusions qui obscurcissent la question du diagnostic prénatal. " Le problème de fond correspond en partie à l’arrêt Perruche. Il faut que les médecins et les juristes, mais aussi la société civile prennent conscience que depuis cinq ou six ans notre société est en train d’évoluer dans un sens redoutable. Le but du diagnostic prénatal est tout différent de celui de la surveillance de la grossesse puisque le diagnostic prénatal d’une anomalie fœtale " sévère et incurable " conduit à une interruption médicale de grossesse. Ainsi, ces deux éléments du suivi de toute grossesse ont chacun une finalité différente : " d’un côté, naissance de l’enfant en bon état, de l’autre, mort du fœtus ", insiste Claude Sureau. (Le Figaro 26/03)

Avertissement de scientifiques sur le " désastre " que constituerait le clonage humain (USA)

Témoignant devant une commission d’enquête sur le clonage humain de la Chambre des représentants, plusieurs experts scientifiques ont tiré la sonnette d’alarme face aux tentatives annoncées ou en cours pour cloner le premier être humain. La technique du clonage qui connaît des taux d’échec impressionnants chez les animaux aboutirait inéluctablement, si elle était appliquée à l’homme, à mettre au monde des enfants souffrant de terribles malformations ou déficiences mentales. (AFP 29/01)

AVRIL 2001
" Victoire du lobby des peaux de lapin " (Libération 04/04) : " Le Parlement européen a voté, une proposition de directive interdisant, à terme, sur le territoire de l’Union européenne, tous les cosmétiques testés sur des animaux. (…) Ce texte, s’il est adopté tel quel par le Conseil des ministres des Quinze, conduira à un curieux renversement des priorités qui conduira à privilégier la santé animale sur la santé humaine. (…) Les tests alternatifs (c’est-à-dire recréant des tissus humains artificiels en laboratoire) n’existent pas pour l’instant et semblent difficiles à mettre au point. (…) Le Parlement estime qu’il faut obliger l’industrie à investir massivement dans la recherche de méthodes alternatives en fixant une échéance définitive. " Le secrétaire général de l’Association européenne de l’industrie des produits cosmétiques dénonce la manipulation des députés européens par " le lobby du bien-être animal ".
Avancées de la recherche sur les cellules souches adultes : transformation de cellules souches de moelle osseuse en cellules de tissu cardiaque, découverte que la graisse peut être source de cellules souches - Une équipe de chercheurs américains vient de transformer des cellules souches adultes de moelle osseuse en cellules de tissu cardiaque : " Injectées dans un cœur de souris endommagé, elles se sont révélées capables de restaurer non seulement des cellules du muscle, mais aussi des vaisseaux qui alimentent le cœur. Et donc de reconstituer des régions du cœur nécrosées par un infarctus " (Libération 04/04). L’article souligne qu’il reste à vérifier un point, entre autres, avant d’expérimenter la découverte sur l’homme : s’assurer que les cellules ne se contentent pas de remplir leurs nouvelles fonctions de façon temporaire avant de ‘’découvrir’’ qu’elles ne sont pas faites pour cela.
- " La graisse pourrait être une source abondante et peu coûteuse de cellules souches pour régénérer des tissus humains, os, muscles ou cartilage. Des chercheurs américains (…) ont prélevé de la graisse par liposuccion, ont isolé des cellules souches et ont réussi à faire pousser différents tissus en manipulant l’environnement de ces cellules. " (Le Figaro 10/04).
L’AFP (10/04) précise : " Jusqu’ici, seuls les embryons et les fœtus étaient une source de cellules de base. Cette découverte intervient alors que le président George W. Bush va probablement (…) interdire le financement de la recherche utilisant des tissus issus d’embryons et de fœtus. "
Première naissance après un clonage de cellules génétiquement modifiées " La firme PPL Therapeutics a annoncé hier une première : la naissance de cinq porcelets nés par clonage de cellules génétiquement modifiées. (…) Elle espère améliorer sa technique pour produire en série des animaux destinés à fournir des organes pour les transplantations chez l’homme. Des organes de porc dont les gènes spécifiques auraient été supprimés pour éviter le rejet des greffons. Cette stratégie a été dénoncée par des chercheurs qui craignent la transmission de virus porcins aux humains. " (Libération 12/04).
Manipulation du gouvernement britannique qui annonce une interdiction du clonage humain " Le gouvernement britannique a annoncé sa décision d’interdire par la loi le clonage d’êtres humains, tout en encourageant la recherche génétique dans laquelle la Grande-Bretagne entend jouer un rôle. La Grande-Bretagne sera ainsi le premier pays au monde à inscrire formellement dans la loi une telle interdiction. " (AFP 19/04).
Mais la Grande-Bretagne est le premier pays a avoir autorisé il y a quelques mois seulement le clonage d’êtres humains, dans le cadre du désormais classique " clonage thérapeutique ", qui est un clonage d’êtres humains.
Réponse à la provocation anglaise ? " Des parlementaires américains ont introduit une proposition de loi visant à interdire le clonage d’êtres humains, y compris ‘’le clonage à des fins thérapeutiques’’ utilisé pour la recherche sur les cellules souches embryonnaires. " (AFP 26/04)
En France, dès l’annonce du gouvernement britannique, Christine Boutin a demandé par courrier au Président de la République et au Premier Ministre de prendre position sur le sujet, alors que vient d’être annoncée, par le ministre chargé des relations avec le Parlement, la date de l’examen en conseil des ministres du projet de loi sur la bioéthique (dernière semaine de mai ou première de juin).
MAI 2001
Découverte d’une potentialité plus grande des cellules souches et de possibilité de culture de cellules cérébrales issues de cadavres Deux découvertes confirment que le recours aux cellules souches embryonnaires ou à la technique du clonage n’est pas indispensable pour le progrès de la médecine régénératrice :
- " Des chercheurs américains ont identifié dans des moelles épinières de souris des cellules souches adultes capables d’évoluer en pratiquement n’importe quel organe du corps. (…) Des expériences précédentes ont permis de montrer que la régénération cellulaire constatée chez la souris survient également chez les humains. (…) Jusqu’à il y a trois ans, les scientifiques pensaient que les cellules souches présentes dans la moelle épinière de l’organisme adulte n’étaient pas capables de produire des cellules sanguines. Depuis, de nombreuses équipes de chercheurs avaient démontré que ces cellules souches de la moelle épinière étaient en fait beaucoup plus polyvalentes et pouvaient se transformer en des cellules matures constitutives d’organes divers (muscle, os, cerveau). Mais jusqu’à présent, personne n’avait été capable d’identifier le type de cellule souche donnant naissance à ces cellules matures. ‘’On pensait que seules les cellules embryonnaires avaient un potentiel aussi large’’ a expliqué le Dr Theise. " (professeur de pathologie à New-York) (AFP 03/05)
- " Deux neurologues californiens ont prélevé des cellules cérébrales sur des cadavres et ont réussi à les cultiver dans leurs éprouvettes. Ils n’ont pas encore franchi l’étape de la transplantation, mais l’objectif est là : greffer ces cellules sur le cerveau de personnes souffrant d’affections neurodégénératives (…). Sur le plan éthique, cette technique présenterait l’avantage de rendre inutile le recours aux tissus fœtaux ou au clonage thérapeutique. " (Le Figaro 03/05)
Naissance de bébés génétiquement modifiés : 1er bilan public Plusieurs journaux ont titré sur " les premiers bébés génétiquement modifiés ", à l’instar du Parisien (06/05). Il y a deux ans, l’annonce des travaux du Dr Jacques Cohen, d’un Institut américain de médecine reproductive, et celle de la naissance des bébés issus d’ovules contenant du matériel génétique provenant de deux femmes avaient déjà déclenché la polémique. Trente bébés seraient nés grâce à cette technique*. Aujourd’hui il s’agit d’un bilan dans la revue Human Reproduction de mars 200 qui souligne que les enfants sont en bonne santé bien porteurs d’ADN mitochondrial de deux mères. ‘’C’est le premier cas de modifications génétique de la lignée germinale ayant abouti à la naissance d’enfants sains et normaux’’ soulignent les chercheurs. (…) Il n’empêche que l’on sait fort peu de choses des interactions entre ADN mitochondrial et ADN issu du noyau, porteur des gènes. " (Le Figaro 07/05) Pour Le Parisien " même si on peut se réjouir pour les couples que leur projet parental ait abouti, cette ‘’prouesse’’ pose malgré tout un problème éthique. On peut se demander comment l’enfant appréhendera dans quelques années le fait d’avoir symboliquement deux mères et un père. "
(*fabrication d’un ovule doté du noyau cellulaire de la patiente et contenant en sus de son cytoplasme aux mitochondries altérées un second cytoplasme extrait d’ovocytes de donneuses fertiles et en bonne santé. Après fécondation de cet " ovule en kit ", l’embryon contient donc de l’ADN de deux femmes car les mitochondries, dans le cytoplasme, contiennent, comme le noyau, de l’ADN.)